Réfléchir avant de maigrir: la question du poids


Hello


Si vous lisez cet article, c'est peut-être parce que vous souhaitez perdre du poids vous-même. Mais avant toute chose, j'ai envie de vous demander : en avez-vous réellement besoin ? Au printemps, tous les magazines féminins présentent le nouveau régime miraculeux, pour perdre 5 kilos en 5 jours... Rappelez-vous qu'il ne s'agit que d'un marronnier. Comment faire pour avoir un « bikini body » ? Prenez votre corps, enfilez un bikini : c'est bon !:) Tous les corps méritent d'être respectés.

Mais votre choix est peut-être tout à fait personnel et légitime...

Je suis tout à fait consciente que je ne suis ni médecin, ni une experte en nutrition ou en psychologie, je ne partage ici que mon expérience personnelle, et serai ravie d'échanger avec vous.

On pourrait dire : c'est bien simple, mange moins ! Mais si c'était si simple, justement, il n'y aurait pas une épidémie d'obésité dans le monde entier.

Pour moi en tous cas, cela a été un long cheminement, qui m'a permis d'être prête cette année à réellement m'investir dans un régime, ou rééquilibrage alimentaire, car il n'y a pas de restriction (il s'agit de Weight Watchers). J'avais déjà conscience de mon souci depuis longtemps, et j'ai commencé à agir en janvier 2015 (je viens de vérifier mes commandes Amazon;) ). La clé a pour moi été de réfléchir, bien en amont, aux raisons qui me poussaient à manger. Car si certain(e)s ont naturellement un rapport très sain à la nourriture, tout en étant gourmets, (je mange avec plaisir quand j'ai faim, mais j'arrête lorsque mon corps est satisfait), je sentais bien que ce n'était pas tout à fait mon cas. Et via l'application Weight Watchers, je vois le profil d'autres femmes, qui se démènent entre craquages ou abandons au bout de quelques jours.

Alors, je n'ai pas l'audace de croire que je détiens LA solution, je suis toujours en cours de parcours, mais je me dis que mon expérience peut peut-être être utiles à certaines...




Lorsque j'ai commencé mon régime, certaines personnes m'ont dit que je n'avais pas du tout besoin de perdre du poids. C'était tout à fait bien-intentionné de leur part, c'est vrai que je n'étais pas en obésité, tout juste en léger surpoids, mais si, je pense bien que j'en avais « besoin ».

En effet, je vous l'ai dit dans mon dernier article, j'ai fait un petit examen de moi-même il y a quelques mois. Et, entre autres choses, je n'ai pas reconnu mon reflet dans le miroir. Le problème n'était pas vraiment la silhouette actuelle, mais le fait qu'elle était en inadéquation avec celle que j'étais et mon image de moi-même. J'ai toujours été une enfant, puis une ado, malgré des formes féminines, mince et athlétique. Même si je n'en avais pas forcément conscience à l'époque, les photos m'ont ouvert les yeux. Et en 10 ans, j'avais pris une bonne dizaine de kilos. Et je n'avais aucune raison, comme un dérèglement hormonal, une maladie ou une grossesse. Non, ces kilos s'étaient accumulés pour tout un tas de raisons, s'accumulant à chaque événement, positif ou négatif, que j'avais du mal à gérer (stress, échec, fêtes, relation à distance, vie en couple, re-stress, réussites, pression...etc), chacun me laissant un petit fardeau qui ne me quittait plus. Dix kilos en dix ans, c'est insidieux, on ne s'en rend pas vraiment compte, mais au bout du compte, j'ai fini par ne plus me reconnaître.

Et lorsqu'ils sont là, ce n'est pas si facile de s'en défaire. D'autant que j'ai (ou avais ? Gardons espoir;) ) un rapport particulier avec la nourriture. On m'a inculqué des bases alimentaires saines (merci maman!), mais en même temps, dans ma famille, on ne dit pas « je t 'aime », on cuisine le plat préféré de la personne à qui l'on tient. Devenue indépendante, avec un accès libre au frigo et aux placards, j'ai soigné mes petits bobos à coup de tartines de nutella et pâtes au fromage. C'est efficace sur le moment ! Mais c'est plus problématique sur le long terme.



J'avais déjà un peu conscience de tout ça, mais j'en ai réellement pris conscience en lisant « Les kilos émotionnels : Comment s'en libérer », du Dr Stéphane Clerget. Il s'agit d'un psychiatre reconnu et ses dires sont étayés par des faits scientifiques et médicaux. Ce n'est pas un bouquin de recettes miracles, il offre juste un éclairage sur nos comportements, de la petite enfance à la ménopause, nous permettant de les reconnaître, d'en prendre conscience, afin de s'en débarrasser. Ce livre est très complet, il revient d'abord sur les causes biologiques du poids, les hormones et les influences des émotions sur les hormones. Saviez-vous par exemple que la dépression non traitée chez l'enfant peut mener à un ralentissement de la croissance? Il aborde ensuite la question des émotions elles-mêmes, qui nous poussent à manger. Enfin, il revient sur les causes encore plus inconsciente du surpoids, par exemple pour se conformer à un modèle familial (par exemple : toutes les femmes de ma famille sont rondes, sauf Machine, mais c'est le mouton noir de la famille) .

J'ai remarqué que la remarques des émotions était tout à fait typique chez moi : une frustration ? Une angoisse ? Une envie pressante de manger du gras et du sucre !




J'ai lu ce livre en janvier 2015, mais je n'ai pas agi tout de suite. Cependant, il a dû faire son bonhomme de chemin dans ma tête. En 2016, je me suis inscrite pour la première fois à Weight Watchers, car il me semblait que c'était le régime le plus raisonnable et sensé qui existait (les restrictions, la reprise de poids et l'effet yoyo, très peu pour moi, merci;) ). Mais passées les premiers jours, j'ai tout simplement « oublié » que je l'avais commencé ! De toute évidence je n'étais pas encore prête...

Et j'ai enfin eu le vrai déclic cette année, je me sens bien plus sereine et sûre de moi, et je suis ce régime depuis 3 mois déjà sans frustration. Et au moment où j'écris, j'ai déjà perdu 6,5kgs, soit un peu plus de 2kgs par mois, ce qui me paraît tout à fait raisonnable pour ma santé, et pour tenir la durée.
Je ressens toujours ces « envies » dès que la colère, l'angoisse, ou simplement l'ennui, pointe le bout de son nez, mais la grande différence c'est que je sais maintenant les reconnaître. Et je ne me jette pas sur les pains au chocolat comme une (fausse) affamée ! Une étape s'insert entre les 2 : je me pose et je réfléchis : puisque ce n'est pas mon corps qui a faim, est-ce que je choisis de faire une autre activité qui m'apaisera, ou bien est-ce que je choisis, consciemment de manger une douceur ? Croyez-moi, ces quelques secondes changent tout. Parfois c'est la solution 1, parfois c'est la 2, mais c'est toujours sans culpabilité, et si je mange, je mange un gâteau au lieu d'avaler la boîte.





Si cela vous intéresse (dites-moi!), je pourrai vous expliquer un peu mieux en quoi consiste Weight Watchers, et ce que je pense de ce programme. En attendant, si je devais résumer pour vous donner quelques conseils afin de perdre du poids, cela serait ceux-là :


Prenez un carnet, et ...

➸Notez les raisons pour lesquelles vous souhaitez maigrir. N'ayez pas peur d'écrire des choses « inintéressantes », c'est uniquement pour vous, et tout a son importance. Vous commencerez peut-être par écrire « pour être plus belle en maillot de bain », mais au fil des réflexions, vous trouverez sans doute des raisons plus intimes et profondes.

Notez les raisons pour lesquelles vous pensez ne pas maigrir. A nouveau, vous commencerez peut-être par « parce que j'aime trop le saucisson », mais trouverez ensuite d'autres raisons. Je vous conseille de laisser aller le stylo et la pensée, quitte à noircir quelques pages d'une écriture rapide et moche : encore une fois, c'est uniquement pour vous, ce n'est pas un joli bullet journal.

Observez-vous pendant quelques jours, ou plus. Ne tenez pas juste un carnet alimentaire, mais notez les moments auxquels vous avez mangé, dans quel état émotionnel vous étiez, et seulement ensuite ce que vous avez mangé. Ne cherchez pas à vous restreindre, le but est d'être honnête avec soi-même.

Ensuite faites un bilan : retrouvez-vous des schémas répétitifs ?



Si vous vous apercevez que c'est le cas, je vous conseille vraiment la lecture du livre dont j'ai parlé (je précise que je n'ai aucun partenariat d'aucune sorte;) ), si vous vous sentez capable de vous auto-analyser.

Vous pouvez aussi accepter l'aide d'un(e) psychologue, diététicien(ne) ou médecin généraliste membre de l'association Groupe de Réflexionsur l'Obésité et le Surpoids (G.R.O.S.), qui pourra vous aider à retrouver un rapport sain à la nourriture sans vous culpabiliser, et vous dire qu'il faut arrêter de manger du chocolat, madame. Vous avez sans doute déjà entendu parler des Dr Zermati et Dr Apfeldorfer, fondateurs, avec d'autres praticiens, de ce groupe de réflexion qui prend en compte la personne dans son ensemble dans la prise en charge du surpoids.


J'espère vous avoir donné quelques pistes de réflexions.

Et vous, est-ce que vous avez déjà essayé de perdre du poids, comment avez-vous fait ?


Si vous n'avez pas le temps d'écrire un mot, laissez-moi un petit coeur. 
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Mais si vous avez le temps, je vous repondrai avec plaisir en commentaires!

10 commentaires

  1. Coucou Julia, top cet article, utile, personnel, touchant. Juste comme on les aime :-).
    Chez moi ça a toujours été "Bastien (mon frère) reprend des pâtes" "Alicia tu en as eu assez" et heureusement, sinon je serais obèse lol. Mais du coup je suis hyper sensible à la plus petite remarque du type "fais attention a ton poids". Pas ma faute, direct ça m'énerve et j'ai envie d'être désagréable. Du coup envisager un régime pour moi c'était un peu rendre les armes face à l'ennemi. En plus ma silhouette ne m'a jamais suffisamment complexée pour me motiver pour un régime. Non pas que j'ai un melon de ouf ou un corps de rêve hein, mais il me plait suffisamment et j'aime trop le plaisir procuré par la nourriture. Car oui tu as mis le doigt sur le problème number one... La nourriture est une gratification immédiate et qui ne faiblit pas dans le temps et c'est surtout ça qu'il faut combattre, prendre le temps de réaliser : ai-je vraiment besoin de ce 3ème gâteau ou bien est-ce que je le mange pour me consoler ? Autre point, que tu pourrais aborder : la politesse. Oui oui j'insiste, la politesse. "tu ne vas quand même pas laisser ça dans ton assiette, pense aux petits enfants qui ont faim" " il n'est pas bon mon gâteau ?" quand c'est une inconnue on laisse filer, quand c'est votre grand-mère... Pour toutes ces raisons et pour conclure mon histoire, j'ai finalement réussi à mincir pour mon mariage et grâce à Weight Watcher également. Bon maintenant que je suis aux US ça fait peur a quel point les kilos sont revenus mais il suffira que je prenne mon courage a deux mains pour me refaire une petite session à coup de point par jour... Bon courage en tout cas, avec la bonne mentalité (comme tu semble l'avoir) tu réussira c'est sur :-)

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    1. Je suis vraiment contente qu'il t'ait parlé :)
      Et je crois que j'ai eu longtemps le même réflexe "ne pas rendre les armes face à l'ennemi", c'est sans doute pour ça que le déclic a été si tardif... faut dire que le "j'ai fait ton gâteau préféré/ tu vas pas prendre une 2ème part quand même?!" j'ai connu aussi ;)
      En espagnol, il y a une expression qui dit "être gros de pitié", tu sais c'est le syndrome du "on ne va pas laisser ça quand même... Allez, qui finit?" :D
      Et le sentiment face à la perte de poids est assez ambivalent: par exemple, ma grand-mère me trouve carrément amaigrie (et pourtant j'ai encore de bonnes réserves ;) ),et le moindre mouvement d'humeur ou la moindre fatigue est mise sur le dos du régime.
      Oui, je trouve aussi que Weight Watchers est vraiment un programme équilibré efficace!
      Merci, en tous cas je crois que j'ai enfin "mûri" tout ça ;)
      A très bientôt!

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  2. Bonjour !
    Moi j'ai beaucoup d'amies qui sont obsédées par la balance dès lors qu'approche la saison bikini ! Mais je ne trouve pas que ces raisons là soient très saines; comme toi, je pense qu'il est très important de savoir pourquoi on veut perdre du poids, parce que sinon c'est bien simple, on ne tient pas sur la longueur ! Moi je suis depuis quelques temps une sorte de régime; le "fasting" en fait c'est une sorte de jeûne intermittent. Je vais pas te le cacher, c'est très dur au début mais avec l'habitude, je ne considère même plus ça comme un régime mais plutôt un mode de vie. C'est pas quelque chose je me voit conseiller à tout le monde mais fonctionne très bien pour moi ! Et comme j'ai eu un petit garçon il n'y a pas si longtemps, ça m'aide énormément à retrouver (et puis garder aussi !) ma silhouette d’antan ! ;)

    En tout cas félicitations pour tes kilos perdus continue comme ça ! ^^

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    1. Oui, apparemment le jeûne aurait beaucoup de vertus, pas uniquement pour maigrir mais sur la santé en général, voire même dans l'aide au traitement de certaines maladies également.
      Mais j'avoue que j'en serais bien incapable! Sauter le petit-déjeuner si je n'ai pas faim, oui (j'essaie d'écouter mon corps), mais une journée, ou plusieurs jours, je crois que ce ne serait pas possible, j'aime trop manger (et mâcher) ;)
      Si cela te convient, c'est l'essentiel, comme tu dis!
      merci pour ton passage Denise :)

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  3. Ta démarche me parait très juste ! Je vais probablement m'en inspirer...
    Mon rapport à la nourriture est compliqué... Mais la grossesse m'a décomplexée ! Les remarques suite à la récupération de ma silhouette aussi.
    Maintenant j'ai envie de retrouver un rapport sain à la nourriture. Et cessé d'alterner les périodes limite anorexiques et celle de quasi boulimie... Bref, pas facile, mais je pense que le livre que tu cites et la méthode que tu suggères pourront être d'une grande aide !
    (Désolée pour le commentaire décousu...)

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    1. C'est compliqué d'avoir un rapport sain à la nourriture avec tous les signaux contradictoires qu'on nous envoie dans la société. Et c'est une longue démarche: en ce moment, je suis fatiguée, et bien j'ai beau reconnaître mes mécanismes, je retombe dans le piège de manger pour plein d'autres raisons que la faim... Mais au moins je m'en rends compte, et je recommence à rectifier le tir!
      Pour être honnête, il a fallu que je me replonge un peu dans le livre pour écrire cet article, car je ne m'en rappelais plus! En fait, il a créé une prise de conscience, a vraiment participé à mon déclic, mais il a ensuite fallu que je le mûrisse moi-même de mon côté.
      Et Weight Watchers aide pour le côté purement alimentaire: finalement, qu'est-ce qu'un repas équilibré? Les 5 fruits et légumes par jour, ok, mais quelle proportion de protéines, de fruits et légumes, de féculents, de gras? Plus le côté positif, l'encouragement à se faire plaisir d'autres façons, à bouger. Clairement ils ont compris l'intérêt de la bienveillance et de la positivité chez WW! :D
      J'espère que tu trouveras ce qui te convient.
      A bientôt!

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  4. Coucou :)

    Très chouette article qui dans lequel tu poses la question de la réelle motivation pour perdre du poids.

    Je suis aussi passée par cette phase de volonté de kilos en moins. Pourquoi ? Ressembler aux modèles qu'on nous impose dans la pub. Envie d'être mieux dans ma peau. Plaire. Pouvoir mettre les habits qui me plaisent...

    Et puis, suite à un traitement, j'ai pris 30 kilos en un mois. Impossible de les perdre. Nutritionniste. Rééquilibrage alimentaire... Alors je me suis demandée pourquoi ? Pourquoi je cherchais encore à perdre du poids. Qu'est-ce que cela m'apporterait ? Je serai plus heureuse ? Plus aimée ? J'ai répondu non à toutes les questions.

    Du coup, je me suis plutôt orientée vers le body positive, l'acceptation de mon corps, avec ses rondeurs, les cicatrices, les poils... Et j'ai appris à m'aimer comme ça. Pas évident. C'est un combat quotidien, mais je suis fière de moi et de ce choix.

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    1. Je suis ravie que tu apportes ce témoignage!
      Je voulais vraiment faire comprendre que ma démarche n'était pas pour correspondre à un soit disant "idéal" de beauté (auquel je n'adhère pas) mais pour me retrouver, moi. Et je suis d'accord, à quoi bon se torturer inutilement? D'ailleurs, ce sont les personnes en surpoids qui ont l'espérance de vie la plus longue! :) Et je suis persuadée que des personnes avec des rondeurs peuvent être en bonne santé et en meilleure forme que beaucoup!
      Me concernant, je m'étais arbitrairement fixé un poids objectif. Je n'en suis pas loin, mais depuis 2 semaines, je bloque, j'ai envie de gourmandises ;) Je crois que je vais arrêter de lutter, j'ai atteint mon poids de forme, il faut maintenant le conserver :)
      En tous cas, tu peux être fière de toi! Encore une fis, chaque corps mérite le respect.

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  5. Chez moi le poids est un signe d'alerte inversée ! J'ai été ronde -et bien dans ma peau- pendant longtemps, et depuis la naissance de petit dodu ans je perds des kilos qui ne reviennent jamais dès que je suis fatiguée ou surmenée...Il ya du avoir un truc hormonal qui a favorisé ça. Du coup, moins dix kilos sur la balance en quelques années...Finalement, je ne me sens pas plus ou moins jolie en étant plus mince, et j'associe plutôt la perte de poids à quelque chose d'inquiétant...

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    1. Ah oui, je comprends aussi ce point de vue.
      Chez moi c'est exactement l'inverse: 1ère année d'études ratées: bim + 3 kg, année en assistanat très enrichissante mais loin de mon chéri: et encore 3kg... Donc j'associe plus ça à des moments pas très gais de ma vie, m'en délester est plutôt une bonne chose. Mais c'est sûr que ton raisonnement est logique...
      J'espère que ta santé s'améliore peu à peu :)
      A bientôt!

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